Lorsque j’ai souhaité « me syndiquer », mon choix a été rapidement fait. J’ai choisi la FGTB, la Fédération Générale du Travail de Belgique. Vu mon cadre professionnel, je me suis donc affilié à la CGSP-AMiO, la Centrale Générale des Services Publics – Administrations et Ministères. J’ai également été délégué syndical. J’ai décidé d’arrêter lorsque mes nouvelles fonctions ont fait que j’étais directement sous l’autorité de la Direction générale de mon administration. Question d’éthique même si, d’une part les membres et le syndicat n’y voyaient pas de problème, et, d’autre part, la direction pensait de même. Mais j’ai choisi d’arrêter tout en étant affilié et en essayant d’être un membre actif auprès de mes délégués. Mes responsables syndicaux ont toujours été mis au courant de mes affinités politiques, de mes candidatures aux élections. Ca n’a jamais posé problème. Peut-être à l’exception notable de ce secrétaire fédéral venant, une veille d’élection, nous dire  – en réunion de comité de sous-secteur – de voter PS, il a vite compris qu’il aurait dû s’abstenir.

J’ai toujours été conscient des liens entre ce syndicat et les réseaux socialistes : partis (PS et SP.A), mutuelle, etc. J’ai toujours respecté l’histoire du syndicat auquel j’adhère. Il me semblait que celui-ci, s’il était proche du parti socialiste, était ouvert à d’autres tendances. Je connaissais des radicaux de gauche et des écologistes militants du même syndicat. J’avais aussi écouté et lu les interviews et les discours d’Anne Demelenne, l’ancienne Secrétaire générale de la FGTB. Pour moi, elle incarnait l’ouverture du syndicat. Aujourd’hui, elle a quitté ses fonctions. Aujourd’hui, je la regrette…

En effet, il y a quelques jours la FGTB lançait une nouvelle campagne… avec les PS et Solidaris (la mutualité socialiste). Le fond de cette campagne, j’y adhère. Selon les trois protagonistes (trois hommes), il s’agit de renouveler l’union des progressistes face aux conservatismes. «  »L’action commune socialiste », qui fait « le choix de la solidarité comme pilier de notre société », a quatre revendications: l’inscription de la protection sociale dans les lois de chaque pays, son financement, la participation des organisations sociales aux décisions politiques qui y sont liées, le renforcement de la sécurité sociale en Belgique et en Europe. » (Source : RTBF)

Sur le fond, pas de problème, je souhaite la même chose. Là où je m’étonne, c’est que la FGTB puisse considérer que le PS est, aujourd’hui, un allié dans cette lutte. Le même PS qui a participé à la chasse aux chômeurs, qui a décidé du report de l’âge de la pré-retraite, qui a participé à la précarisation d’une bonne partie de la population (surtout les femmes, les jeunes) et au démantèlement des services publics. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, les élu-e-s socialistes au Parlement bruxellois refusaient une motion déposée par Ecolo, Groen et le PTB. Celle-ci demandait au gouvernement bruxellois d’enjoindre le gouvernement fédéral à revenir sur la limitation dans le temps des droits à l’allocation de chômage. Sans parler des politiques menées aux niveaux wallon, bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles que l’on peut difficilement qualifiées de progressistes, pas que sur les aspects sociaux d’ailleurs.

Des responsables de la FGTB sont représentés dans les organes du PS. C’est au syndicat à influencer le monde politique (et pas que le PS d’ailleurs), pas l’inverse. La FGTB doit être le porte-voix et le défenseur des gens, pas du PS. Et si le PS veut se refaire une « virginité » de gauche sociale, émancipatrice et solidaire, qu’il se fasse le porte-parole des syndicats là où il siège, qu’il soit dans l’opposition ou en majorité.

Encore une fois, je me suis affilié à ce syndicat en connaissance de cause. Toutefois, chers dirigeants de la FGTB, observez la base, votre base. Elle a changé, elle est bien plus large que le spectre PS. En allant des écologistes à la gauche radicale.

« Ensemble, on est plus forts… Samen sterk »

Ce slogan, c’est celui de la FGTB. Selon moi, oui, nous sommes plus forts ensemble. Toutes les composantes de notre syndicat doivent donc s’y (re)trouver et ne pas se sentir exclues. Aujourd’hui, je me demande quelle est ma place dans ce syndicat. Aujourd’hui, je me demande si j’y suis toujours bienvenu. J’en appelle aux responsables de la FGTB pour être rassembleurs. Pour rassembler toute la gauche progressiste. Nous avons besoin de toutes les forces en présence pour lutter contre les mesures antisociales décidées au niveau belge et à l’Europe. « Ensemble, on est plus forts »

 

 

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Une réponse "

  1. Le Lepvrier Raymonde dit :

    Vous avez entièrement raison.

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