Mardi 14 août 2012, déjà le cinquième jour de festival. On est à mi-chemin. La soirée de la scène principale du Mont des Arts est consacrée au hip hop. J’aurais aimé y aller et j’ai décidé du contraire en raison de certains textes du chanteur en tête d’affiche. Explications…

Tout d’abord, soulignons la large palette de l’offre du festival, passer d’Iggy Pop au hip hop, c’est sûr, on brosse large. Et c’est tant mieux. Il y en a pour tous les goûts.

Tête d’affiche de cette soirée, le Français Orelsan est la révélation hip hop du moment. Avec des rythmes tantôt pointus et tantôt accessibles à un large public, ce sont principalement ces derniers qui ont du succès en radio. L’artiste s’est aussi vu décerner des Victoires de la Musique en France. Il passe sur toutes les ondes. On le voit partout en France et en Belgique.

J’aime beaucoup certaines de ses chansons. Vraiment. Par contre, d’autres textes me restent en travers de la gorge. Je pense ici à la chanson « Sale pute » qui lui a valu quelques ennuis judiciaires. Je pense aussi à la chanson « Suicide social » sur son dernier album. Chanson qui fait aussi polémique.

Il est vrai que dans cette chanson, presque tout le monde en prend pour son grade. En ce compris, une fois de plus, les femmes, les féministes. Et aussi les homosexuels. Cette chanson est, selon l’artiste, une fiction. C’est drôle, parait-il.

Ok, je veux bien admettre que ce soit une fiction. Mais dans ses interviews, l’artiste ne dit pas vraiment autre chose ou le dit à demi mot. C’est bien ça qui me met en colère: dans ses interviews, il ne dit pas le contraire de ce qu’il chante assez clairement. Il ne dit donc pas au public « attention, ne répétez pas ces mots dans la rue ou au boulot ». Je respecte bien entendu sa liberté d’expression.

Après les agressions homophobes et le reportage « Femme de la rue » sur le sexisme dans un quartier bruxellois, après toutes les polémique, tout le monde est d’accord (enfin, tout le monde est un grand mot) pour dire qu’on doit éduquer, former, dialoguer, etc. Le politique a une part de responsabilité, les médias en ont une grande également. Et je considère que les artistes, les sportifs, le monde du spectacle en général, ces gens ont aussi la resonsabilité d’éduquer et de guider celles et ceux qui les suivent.

L’organisation du festival a-t-elle mis une clause dans le contrat avec le chanteur ? Difficile de le savoir. Et ce festival étant subsidié par les pouvoirs publics, ça pose question.

Il ne suffit pas de dire que c’est à Annessens que le sexisme se passe. Il se passe aussi au boulot, au sport, partout en fait, et même dans des chansons. Merci l’association Outrage! qui a sensibilisé au sujet de ce concert.

Un dernier regret : le reportage de Télé-Bruxelles ce soir, la télévision régionale publique bruxelloise. Orelsan y était interrogé et pas un mot sur ses textes polémiques. Rien, nada, que dale. Que des louanges. On a loupé là la mission d’information du service public.

On a toutes et tous en mémoire la polémique suscitée par la venue de Beenie Man au festival Couleur Café en 2009. Il ne s’agit pas du tout de la même chose ici. Orelsan n’appelle pas au meurtre.

Enfin, si je suis assez convaincu – à la lecture de ses interviews – que ce chanteur a un fond machiste et sexiste, je suis moins convaincu qu’il soit homophobe. Mais sous réserve car ces mots sont quand même très durs.

Voilà pourquoi je ne participe pas à la fête ce soir…

 

 

 

Publicités

Une réponse "

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s