Cela fait quelques années que je défile à la Belgian Pride – PRIDE4EVERYONE, anciennement connue sous le nom de Belgian Lesbian & Gay Pride. Cette année encore j’y serai. Avec des sentiments différents qui se mélangent en moi. Oui, cette année, la Pride aura, à mes yeux et pour beaucoup je pense, un prénom. Celui d’Ihsane. Ce jeune battu à mort par quatre personnes, en raison de son orientation sexuelle. La famille réclame, à juste titre, que la justice se penche aussi sur le possible caractère xénophobe de cette agression mortelle, à côté de la circonstance aggravante de l’acte homophobe.

Cette année, j’en suis certain, beaucoup d’entre nous auront une pensée pour ce jeune homme. Non, je ne le connaissais pas personnellement. Mais peu importe. Il incarne aujourd’hui, hélas, l’extrême violence que peuvent encore subir des êtres humains en raison de leur orientation sexuelle, de leur choix de vie, etc. Chacune et chacun se dit certainement « ça pourrait être moi ».

Alors, cette année, je marcherai d’abord en mémoire de ce jeune gay. Et aussi pour que ce genre de crime ne se passe plus.

L’homophobie est toujours présente. Force est de constater que le fait de disposer de plus de droits que dans d’autres pays, comme le mariage ou l’adoption, n’a pas encore fait évoluer toutes les mentalités. Le chemin est encore long. Mais nous devons le mener ensemble.

Et à celles et ceux qui montrent si facilement du doigt telle ou telle communauté, je dis que – sans nier certains problèmes – l’homophobie n’appartient à aucune origine. Elle peut être présente chez n’importe qui. Le dialogue entre communautés, entre minorités, est essentiel pour avancer, ensemble, vers un mieux vivre ensemble et vers une société ouverte à l’autre.

L’an passé, à la même époque, j’écrivais un petit texte sur un réseau social. C’est d’ailleurs notamment un commentaire laissé en bas du texte qui m’a incité à me lancer dans la blogosphère (merci Nitoo). Je propose partager avec vous ce que j’y disais.

Mais enfin, les LGBT sont bien lotis en Belgique, ils ont le mariage, l’adoption, une loi anti-discrimination… Ca ne sert plus à rien la Pride !

Certes, en Belgique, la « communauté » LGBT est plutôt « gatée » sur le plan législatif, quant aux droits, si l’on compare la situation à d’autres pays. Eloignés ou proches. En partant des pays où l’homosexualité est passible de peine de mort par exemple, en passant par les pays où les manifestations LGBT sont interdites, pour arriver aux pays qui refusent toujours de reconnaître certains droits à cette « communauté ».

Alors, oui, sur le plan des revendications, il y a peut-être – je dis bien peut-être – moins à dire. Cependant, n’oublions  que rien n’est jamais acquis pour l’éternité. Certains sont prêts à revenir sur ces acquis. Par ailleurs, il reste des choses à faire : autoriser le don de sang pour les homosexuels de sexe masculin, évaluer la loi sur les transgenres, l’introduction de cette thématique dans des cours d’éducation affective et sexuelle dans les écoles, etc.

Oui, ça c’est pour les dirigeants. Mais, la société, elle a aussi évolué ?

La société évolue, mue. Si une part importante de la population ne remet plus en cause les droits acquis, il reste une part très importante de gens qui « ont un problème avec les orientations sexuelles différente de l’hétérosexualité ». Et ils le font savoir. En rue, insultes et agressions sont toujours présentes. Au boulot, des situations de harcèlement sont parfois présentes. Les blagues – lourdes, très lourdes – sont monnaie courante. Dans les écoles, les railleries vont bon train.

L’homophobie est toujours présente.

Des parents continuent à rejeter leur enfant lorsque ce dernier fait son coming-out ou lorsqu’ils découvrent  l’orientation sexuelles de ce dernier. Il y a par ailleurs un taux de suicide important chez les ados, dont la première raison est un questionnement lié à leur situation affective et/ou sexuelle.

Et toi, pourquoi t’y vas ?

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et pour tant d’autres. Parce que oui je pense que rien n’est définitivement acquis et que sur ces derniers, je veux dire à certains : « pas touche ! ». Aussi parce qu’il reste des droits à acquérir, des situations à clarifier.

Je me rends à la Pride aussi en mémoire de celles et ceux qui bien avant moi se sont battus pour des droits, souvent même simplement celui d’exister, de vivre. C’est aussi l’occasion de penser globalement, de penser à ces femmes et ces hommes qui, ailleurs, vivent des situations bien pires que la nôtre.

Comme chaque année, je serai aux côtés d’ECOLO et Groen! dans le cortège. Je serai là, avec notre « fietsbar » – le seul char zéro émission CO2 du défilé – avec mes ami-e-s vert-e-s, connu-e-s ou pas du grand public, de toutes orientations sexuelles.

La Pride, c’est aussi l’occasion de revoir des ami-e-s. Car la Pride, c’est aussi l’occasion de faire la fête ! Cette journée représente pour moi un beau mélange, une militance festive. Alors oui, on peut dire que c’est hyper commercial, hyper polluant, hyper bruyant, etc. Oui, on pourrait y réfléchir. Mais pas demain. Ce samedi 12 mai 2012, on marche, on discute, on réfléchit, on s’amuse !

Au plaisir de vous  y croiser…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s