Pauvre ? Sans emploi ? Non, Jurbise ne veut pas de toi. C’est en substance ce que ne dit pas la bourgmestre ultralibérale de cette commune de la province du Hainaut. En fait, c’est ce qu’elle dit mais en d’autres termes.

La bourgmestre et députée fédérale – un mandat ce n’est, bien sûr, pas assez – est réputée pour les sorties « choc ». Oui, ceci vous rappelle sans doute quelqu’un d’autre. On la connaît surtout pour ses sorties sur les immigrés. Et la semaine dernière, donc, le logement social.

La polémique n’est pas neuve, on l’a déjà vécue en 2008. A l’époque, le plan de logement social du gouvernement wallon prévoyait 5 % de logements sociaux dans chaque commune. En 2012, il s’agit de 10%. Beaucoup trop selon l’élue hennuyère. Ce qu’elle disait déjà en 2008 pour les 5% ! Avec fierté. Relisez  l’actualité de l’époque et comparez-la à celle d’aujourd’hui. Vous verrez que les mots sont les mêmes.

Alors oui, madame, c’est facile d’être la commune avec le plus faible taux de non-emploi du Hainaut quand on décide de fermer les frontières de celle-ci à la solidarité. La bourgmestre vit-elle dans une bulle ? Va-t-elle bientôt proposer la construction d’un mur de la honte autour de sa commune semblable à celui qui sépare la bande de Gaza à Israël ?

L’élue dénonce les pratiques des sociétés de logement dans les médias. On le constate à Bruxelles et en Wallonie, les goouvernements essaient de rationnaliser et il existe désormais des critères clairs dans l’attribution de logements. Elle devrait parler des « défauts de gestion » qu’elle dénonce à l’interne de son parti, si présent dans les conseils d’administration de ces sociétés de logement…

Et non madame, offrir la possibilité à des personnes de se loger dans des immeubles publics à moindre coût, ce n’est en rien de mal ou d’anormal. C’est de l’assistance à des personnes en difficulté à un moment de leur vie. Cessez de confondre assistance et assistanat.

J’ai personnellement grandi dans un logement social dans le Hainaut. J’y ai passé mon enfance et mon adolescence. Je n’en retire que du positif. J’ai pu y appréhender les réalités sociales qui composent notre société et les difficultés auxquelles doivent faire face de nombreux citoyens. J’ai aussi eu la chance de grandir dans une cité sociale multiculturelle où l’ouverture à l’autre était une réalité. Vivre dans un logement social, ça m’a ouvert les yeux sur mes voisins, mes camarades de jeu dans la rue, et, sur le monde.

Aujourd’hui, le temps est venu de plus de mixité dans la construction de logements. Construire à la fois des logements moyens et des logements sociaux permet d’éviter les ghettos. Ghettos que vous dénoncez, sans contre-proposition.

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