Rudolf Brazda s’est éteint ce 3 août 2011 à l’âge de 98 ans à Bantzenheim, en Alsace (France). Nombreuses et nombreux sans doute sont celles et ceux qui ignorent qui était Rudolf Brazda. Il était le dernier « triangle rose » rescapé connu.

C’est quoi un « triangle rose » ?

Il s’agit des personnes emprisonnées dans les camps de concentration par le régime nazi allemand d’Hitler (1940-1945) en raison de leur homosexualité. Si l’homosexualité n’était pas autorisée dans les années 1920 en Allemagne, les poursuites judiciaires étaient rares. Le régime nazi a quant à lui décidé que l’homosexualité était un crime racial dès 1935. Les homosexuels sont alors pourchassés avec force au motif qu’ils freinent la démographie et la reproduction de la race. On estime qu’entre 50.000 et 60.000 homosexuels sont alors emprisonnés.

Les camps de concentration voient quant à eux arriver entre 10.000 et 15.000 homosexuels. Si ces derniers, contrairement aux juifs et aux tziganes, n’étaient pas condamnés à être exterminés, les traitements subis pour les rééduquer et les « guérir » n’en ont pas été moins douloureux : travail forcé, expériences médicales, etc. A l’instar des juifs portant l’étoile jaune, les homosexuels portaient un triangle rose. 60% des homosexuels déportés sont morts dans les camps de concentration.

Et la reconnaissance des « triangles roses » ?

Longtemps, les historiens et les Etats ont considéré que cette question n’existait pas. Il faut attendre le début des années 1980 pour qu’un rescapé français s’exprime. Pierre Seel, étant à nouveau victime de l’homophobie des institutions, décide alors de témoigner et de raconter ce qu’il  avait vécu sous le régime nazi. D’autres témoignages suivront, en France et ailleurs en Europe.

Un devoir de mémoire permanent

Beaucoup d’homosexuels rescapés sont restés anonymes. D’ailleurs, ce n’est qu’en 2008 que Rudolf Brazda livre son témoignage à la demande de son entourage. Il y a peut-être d’autres rescapés homosexuels – triangles roses – en vie mais Rudolf Brazda est le dernier « connu ».

Ce billet est un hommage  à Rudolf Brazda et, à travers lui, aux homosexuels déportés sous le régime nazi. Jamais nous ne pouvons oublier  les victimes du régime nazi, toutes les victimes. Au vu de l’actualité et de la montée des extrêmes et du populisme, il est primordial de s’en souvenir.

Sur le web :
http://deportation-homosexuelle.blogspot.com/
http://www.triangles-roses.blogspot.com/

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  1. LEPEZ dit :

    Très bon blog! Merci.

  2. Lesb-Gay Asbl dit :

    A lire sur le sujet:
    « Rudolf Brazda, Itinéraire d’un triangle rose », de Jean-Luc Schwab

    « Moi Pierre Seel, déporté homosexuel » de Pierre Seel

    « Les hommes au triangle rose », de Heinz Heger

    « Triangle rose. La persécution nazie des homosexuels et sa mémoire » de Régis Schlagdenhauffen

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