En vous promenant dans de nombreuses grandes villes européennes, vous avez sans doute déjà vu des stations de « vélos partagés » (bike-sharing). Beaucoup pensent qu’il s’agit d’un phénomène récent. C’est vrai pour l’Europe occidentale. Mais c’est en 1965 que le premier système de vélos en libre service voit le jour à Amsterdam, aux Pays-Bas. Depuis lors, de nombreuses villes ont adopté le principe de mise à disposition – gratuite ou non – de vélos en Allemagne, en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Espagne, en Finlande, en France, en Italie, au Luxembourg, en Norvège, aux Pays-Bas, au Portugal, au Royaume-uni, en Suède et en Suisse mais aussi en Australie, au Canada, en Chine, au Japon ou encore aux USA. Qu’ils s’appellent Vélib, Villo!, Cycloity, Libélo, etc., tous les systèmes de vélos partagés rencontrent un succès croissant.

Ce mardi 2 août 2011, le quotidien La Capitale (Groupe Sud Presse), nous propose un article intitulé « Villo! a tué plus de 400 places de parking à Bruxelles« . L’article nous donne le détail pour chaque commune de la Région de Bruxelles-Capitale déjà équipée et nous annonce qu’avec l’ajout des autres communes de la région, le chiffre atteindra presque 1.000 places de parking sur l’ensemble de la région.

D’emblée, soulignons que oui, la voiture a une fonction et répond à un besoin, en ville aussi. Qu’il s’agisse de devoir effectuer des trajets plus longs ou de transporter des marchandises. Mais pour les petits déplacements en ville, le vélo et les transports publics doivent être privilégiés.

Cela signifie, d’une part, qu’il faut diminuer la pression automobile dans la région-capitale et, d’autre part, qu’il faut investir dans la mobilité douce (pistes cyclables, parkings pour deux-roues, transports publics plus nombreux, plus ponctuels, en sites propres…).

Par son article, le quotidien bruxellois jette un discrédit sur la mobilité  douce et la rend coupable de saborder des emplacements pour voitures. Il serait d’ailleurs de bon ton de rappeler que de toute façon, même avec ces places de parking, la région comptait déjà un trop grand nombre de voitures par rapport aux places disponibles en surface.

Pire, l’article ne décrit pas l’intérêt du vélo en ville ni des vélos partagés.

Plus personne aujourd’hui, à part Claude Allègre et quelques-uns de ses amis, ne nie le dérèglement climatique et l’impact du transport automobile sur l’environnement et la santé. La Belgique, et donc la Région bruxelloise, se doit de respecter ses engagements internationaux, qu’ils soient européens ou mondiaux (Kyoto, Copenhague, etc). Et cela passe, en Région bruxelloise, par un effort sur le bâti par exemple et aussi sur la mobilité.

La marche à pied, les transports publics et l’utilisation du vélo doivent donc être privilégiés pour les petites et moyennes distances dans notre région-capitale. Cela passe donc par des investissements urbains et humains : trottoirs adaptés, pistes cyclables, sites propres pour bus et trams en surface, etc.

Ces trois modes de transport sont par ailleurs les plus utilisés par les citoyen-ne-s se trouvant une situation sociale et financière moins favorisée. Les tarifs sociaux des transports publics doivent permettre à chacun de se déplacer. De même que les vélos partagés, à prix démocratique, doivent permettre aux personnes ne disposant pas des moyens financiers pour acheter un/des vélo(s) ou de les ranger (pas toujours évident dans des petits appartements ou studios) de profiter de ce mode de déplacement rapide et efficace.

Par ailleurs, on peut constater que les systèmes de vélos partagés sont utilisés par un grand nombre de personnes qu’on ne voyait pas à vélo auparavant. On y voit également la diversité culturelle de Bruxelles. Sans parler des touristes qui utilisent  le système pour leurs déplacements d’un lieu à un autre, d’un muséeà un autre, etc.


Avant l’apparition de Villo!, je ne faisais aucun déplacement à vélo à Bruxelles. Aujourd’hui, il m’arrive de plus en plus souvent de le faire pour certains déplacements. C’est un gain de temps appréciable et ça permet de voir la ville autrement. Dans « mon monde idéal », ce système serait gratuit et encore plus répandu. Il serait 100% public et sans publicité. Mais, on ne vit pas dans « mon monde idéal ».

En conclusion, « tuer » quelques places de parking pour un mieux-être de plus d’un million de personnes, ce n’est pas grave. Pour rappel, il s’agit aussi de laisser une planète correcte à vos/nos enfants, cessons l’égoïsme.

Les systèmes de vélos partagés sont une avancée sociale, environnementale et pour la mobilité. Profitons-en et multiplions encore leur utilisation et leur présence.

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  1. Stany dit :

    Dommage qu’on doivent faire les « hommes-sandwich » en pédalant … Est-ce vraiment incontournable de mettre de la pub sur ces vélos?

    • Comme je l’ai dit, dans « mon monde idéal », tout cela serait sans publicité. C’est une entreprise privée qui a le contrat… Et ce contrat n’interdit pas la publicité hélas.

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