Mesdames et Messieurs, chers compatriotes,

En ce jour de Fête Nationale belge, je ne suis pas certain que la prestation de serment d’un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice ait pu me réjouir. En effet, après un an d’attente (404 jours), je trouverais que ce serait la moindre des choses.

Encore que… Vais-je me réjouir de voir un gouvernement qui nous promettra de se serrer encore plus la ceinture ? Vais-je accueillir avec le sourire l’idée d’un plan d’austérité ? J’en doute. En fait, je suis même convaincu du contraire.

Le gouvernement en affaires courantes a pris des décisions, parfois bonnes, parfois très mauvaises. Mais reconnaissons-lui que, sur le plan économique, notre pays sauve un peu la face. Et sur le plan social ? Les entreprises continuent à fermer, le chômage baisse un peu. Oui, ça c’est grâce au plan de chasse aux chômeurs du gouvernement. Mais si, vous savez, ce principe qui consiste à rendre des gens à faibles revenus encore plus pauvres, pour finalement les voir sous le seuil de pauvreté. Vous savez, ce principe qui consiste à saturer les communes au niveau de l’aide sociale bien nécessaire…

Alors oui, comme le souverain Abert II, j’estime qu’il est urgent et nécessaire de former un gouvernement investi de pleines responsabilités et qui devra réaliser les réformes structurelles nécessaires dans les domaines institutionnel et socioéconomique. Mais pas à n’importe quel prix. Pas sur le dos des plus faibles, pas sur le dos des minorités dans leur ensemble. Cette urgence et cette nécessité n’est pas neuve. Je dirais même qu’elle existait avant même la chute du gouvernement en 2010, sur décision des libéraux flamands, aidés, reconnaissons-le par les libéraux francophones dans leur aile francophile.

Je n’ai pas besoin qu’un spécialiste me dicte mes prérogatives de citoyen. Je les connais : le droit d’être informé, le droit d’encourager et le droit de mettre en garde.

Etre informé… Je m’informe via la presse de l’actualité politique et socioéconomique belge et étrangère. Je ne peux que saluer le fait que le formateur Elio Di Rupo ait fait preuve de transparence.

Encourager… Je le fais aussi, via mon militantisme politique, ou encore via les réactions sur les réseaux sociaux. J’estime l’avoir fait aussi en saluer les initiatives comme la manifestation Shame, etc.

Mettre en garde… Difficile pour un citoyen de mettre en garde. Mettre en garde en faisant état de son mécontentement via les urnes a quelque chose de dangereux, c’est la porte ouverte au populisme. Je préfère de lui le vote d’adhésion. Mais les citoyens peuvent aussi mettre en garde en interpellant le politique, en écrivant, en manifestant, etc. Je regrette ici la passivité des syndicats.

Alors, oui, comme beaucoup d’entre vous et comme Albert II, je suis affligé par cette longue durée de crise politique. Oui, ça pose question sur l’avenir. Oui les réactions poujadistes sont bien présentes et font peur pour notre démocratie.

Non, je ne comprends pas certaines femmes et certains hommes politiques qui défont au lieu de faire, qui rejettent au lieu d’accueillir…

Pour ce qui concerne le bien-être social et économique, il y a longtemps qu’il est mis à mal par des politiques socioéconomiques dirigées par la droite, par les banques, par la finance. Puisse le prochain gouvernement prendre des mesures pour changer les indicateurs de ce bien-être, qui ne tient pas en la détention de portefeuilles d’actions.

Assumons aussi notre choix de modèle européen, un modèle social et non un modèle basé sur l’économie, le protectionnisme et j’en passe.

Je me dois d’être fidèle à mon rôle de citoyen, c’est pourquoi j’en appelle à chaque femme et à chaque homme politique du sud, du nord et du centre du pays à trouver un compromis. Sans gagnant, sans perdant. Un compromis donc. Alors oui, chers Bart De Wever, Wouter Beke, Kris Peeters, mais vous aussi Olivier Maingain et Joëlle Milquet : réveillez-vous, on en a assez !!!

Le souverain suggère aux citoyens d’aller de l’avant aussi, d’aller à la rencontre des autres communautés. Je ne peux qu’être d’accord. Je ne suis pas fier d’être Belge, simplement parce que je n’ai pas de « feeling » national. Mais je suis fier et heureux de vivre dans un pays où se côtoient non pas trois communautés mais de multiples cultures, diverses langues, des formes de vie différentes, etc. Ne foutez pas ça en l’air ! En ces temps où le populisme, le racisme, le rejet des différences ont la cote, assumons et poursuivons l’ouverture qui a caractérisé notre pays pendant longtemps.

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

Je ne suis pas un partisan de la Belgique de papa. Je suis même en faveur d’une nouvelle Belgique, forte de sa diversité, réformée pour bien-être social et vital de toutes et tous.

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