Avec le beau temps, nous voyons fleurir de par le monde différentes parades – « prides » –                   rassemblant un public LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels, on peut y ajouter les intersexe, les queers, etc). Suivant l’état des droits obtenus par les LGBT, ces parades sont tantôt plutôt revendicatives, tantôt plutôt festives.

Chez nous, en Belgique, on peut dire que la situation a bien évolué concernant l’arsenal législatif : loi anti-discrimination, mariage, adoption. Il reste néanmoins du travail quant à l’acceptation, la lutte contre l’homophobie au quotidien, le don de sang (interdit aux gays).

Ailleurs, la situation est très souvent différente. Non seulement ces droits d’égalité n’existent pas, mais on voit également certains pays criminaliser l’homosexualité. Cela peut parfois mener à des exécutions.

Aujourd’hui, ce mardi 14 juin 2011, l’Assemblée nationale française a rejeté une proposition socialiste ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Je ne doute pas que ce geste posé à quelques jours de la « Marche des fiertés », la parade parisienne, aura pour effet une mobilisation encore plus importante. La France, le pays des droits de l’Homme, la République de l’Egalité…

On pourra au minimum se réjouir – je l’espère – que cette parade se déroule sans incidents, sans contre-manifestation. A l’inverse de ce qu’on voit souvent dans certains pays, y compris en Europe. Je vous invite à visionner les vidéos de la parade de Split en Croatie, futur pays membre de l’Union européenne.

En ce jour de gâchis pour les droits LGBT en France, j’avais envie de repartager avec vous le « pourquoi » de ma présence lors des parades LGBT bruxelloises. J’avais écrit ce texte à la veille de la Belgian Pride du 14 mai 2011.

Depuis quelques années, je participe à la Belgian Pride, anciennement appelée Belgian Lesbian & Gay Pride, et dans mon entourage souvent raccourcie en « Gay Pride ». Terme qu’il m’arrive d’utiliser aussi, toujours avec regret ensuite. Ce cortège n’est pas uniquement composé de gays, soulignons-le.

Mais enfin, les LGBT sont bien lotis en Belgique, ils ont le mariage, l’adoption, une loi anti-discrimination… Ca ne sert plus à rien la Pride !

Certes, en Belgique, la « communauté » LGBT est plutôt « gatée » sur le plan législatif, quant aux droits, si l’on compare la situation à d’autres pays. Eloignés ou proches. En partant des pays où l’homosexualité est passible de peine de mort par exemple, en passant par les pays où les manifestations LGBT sont interdites, pour arriver aux pays qui refusent toujours de reconnaître certains droits à cette « communauté ».

Alors, oui, sur le plan des revendications, il y a peut-être – je dis bien peut-être – moins à dire. Cependant, n’oublions  que rien n’est jamais acquis pour l’éternité. Certains sont prêts à revenir sur ces acquis. Par ailleurs, il reste des choses à faire : autoriser le don de sang pour les homosexuels de sexe masculin, évaluer la loi sur les transgenres, l’introduction de cette thématique dans des cours d’éducation affective et sexuelle dans les écoles, etc.

Oui, ça c’est pour les dirigeants. Mais, la société, elle a aussi évolué ?

La société évolue, mue. Si une part importante de la population ne remet plus en cause les droits acquis, il reste une part très importante de gens qui « ont un problème avec les orientations sexuelles différentes de l’hétérosexualité ». Et ils le font savoir. En rue, insultes et agressions sont toujours présentes. Au boulot, des situations de harcèlement sont parfois présentes. Les blagues – lourdes, très lourdes – sont monnaie courante. Dans les écoles, les railleries vont bon train.

L’homophobie est toujours présente.

Des parents continuent à rejeter leur enfant lorsque ce dernier fait son coming-out ou lorsqu’ils découvrent  l’orientation sexuelles de ce dernier. Il y a par ailleurs un taux de suicide important chez les ados, dont la première raison est un questionnement lié à leur situation affective et/ou sexuelle.

Et toi, pourquoi t’y vas ?

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et pour tant d’autres. Parce que oui je pense que rien n’est définitivement acquis et que sur ces derniers, je veux dire à certains : « pas touche ! ». Aussi parce qu’il reste des droits à acquérir, des situations à clarifier.

Je me rends à la Pride aussi à la mémoire de celles et ceux qui bien avant moi se sont battus pour des droits, souvent même simplement celui d’exister, de vivre. C’est aussi l’occasion de penser globalement, de penser à ces femmes et ces hommes qui, ailleurs, vivent des situations bien pires que la nôtre.

Comme chaque année, je serai aux côtés d’ECOLO et Groen! dans le cortège. Je serai là, avec notre « fietsbar » – le seul char zéro émission CO2 du défilé – avec mes ami-e-s vert-e-s, connu-e-s ou pas du grand public, de toutes orientations sexuelles.

La Pride, c’est aussi l’occasion de revoir des ami-e-s. Car la Pride, c’est aussi l’occasion de faire la fête ! Cette journée représente pour moi un beau mélange, une militance festive. Alors oui, on peut dire que c’est hyper commercial, hyper polluant, hyper bruyant, etc. Oui, on pourrait y réfléchir. Mais pas demain. Ce samedi 14 mai 2011, on marche, on discute, on réfléchit, on s’amuse !

Alors non, je ne peux considérer que les combats des LGBT sont des combats du passé. Ces combats restent d’actualité chez nous et ailleurs dans le monde. Enfin, n’oublions pas qu’un droit acquis peut être vite repris par des extrémistes au pouvoir.

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